Parmi les particularités des insectes des tourbières,
dont certains groupes ont été étudiés sur
l'archipel (Lépidoptères, Odonates, Coléoptères
aquatiques ), évoquons le Nordique des tourbières
(Oeneis jutta), un papillon de la famille des Satyridés
dont les larves se nourrissent de cypéracées. Curieusement,
l'imago apparaît dans l'archipel les années impaires et
à Terre-Neuve les années paires !
De nombreux Lépidoptères diurnes se retrouvent en milieux
humides (ABRAHAM, 1993). Le cuivré des Marais (Lycaena epixanthe)
y est particulièrement abondant en août ; le Bleu nordique
(Lycaeides idas) est un habitant typique de la lande à
Éricacées et le Lutin brun (Incisalia augustinus)
bien que d'apparition sporadique y existe aussi. Le Collier argenté
(Boloria selene), observé dans les tourbières de
Savoyard, est venu s'ajouter à la liste il y a quelques années.
Il existe plusieurs espèces de Noctuelles vivant en tourbière
: Exyra rolandiana a une larve qui perce un trou à la
base des feuilles (urnes) de Sarracénies, tisse un genre de voile
au sommet de l'urne puis dévore tranquillement l'intérieur
de la feuille. De plus, lors de l'élevage de ces larves, Daniel
Abraham en a trouvé qui étaient parasitées par
des diptères du genre Lyxophaga dont seulement trois spécimens
étaient connus, déjà obtenus à partir de
la larve d'Exyra rolandiana.
Parmi les Géomètres, plusieurs (Eulithis, Carsia, Xanthoria,
Itame, etc..) ont adopté spécifiquement le milieu tourbeux.
Une Demoiselle,
Enallagma cyathigerum a choisi ce milieu, contrairement à
ses cousines des Étangs.
Les Coléoptères y fourmillent : Gyrins, et Dytiques
(au moins une vingtaine d'espèces) par exemple.
Concernant les Hémiptères, les mares sont pleines de
Gerris de Corises (Corixidés) et de Notonectes. Un Cantharide,
Podabrus, est lié à la Sarracénie.
Parmi les Diptères, c'est pour le moins l'abondance. Un Midge
(Chironomide), Metriocnemus knabi vit uniquement les urnes
au dépends des insectes qui s'y décomposent. Les Bibionides
y sont légion dès le printemps (" March Flies "),
ainsi que les Aedes (cousins ou moustiques), présents dans
toutes les mares ! La surface des mares est couverte de Dolichopodes
(" Long-legged_Flies ") et nombre d'espèces de Syrphes
y butinent les fleurs.
Chez les Hyménoptères, mis à part de nombreux
Ichneumons, un Halictide, Evilaeus quebecensis est continuellement
présent sur les fleurs de l'Aster des marais.
Ajoutons notre singulier et volant Criquet des joncs, Stethophyma
lineatum, qui est un habitant spécifique de la tourbière,
ce qui est assez rare chez les criquets.
Stethophyma
lineatum
Bruant
des marais sur le Cap Miquelon.
Cet oiseau vit notamment dans les
tourbières peuplées de petites conifères.
Avifaune
Les espèces suivantes d'oiseaux se reproduisent notamment dans
nos tourbières et étangs tourbeux : la Bernache du Canada
(Branta canadensis), le Bruant des prés (Passerculus
sandwichensis) et le Bruant des marais(Melospiza georgiana),
le Goéland marin (Larus marinus), la Bécassine des
marais (Gallinago gallinago), le Bécasseau minuscule (Calidris
minutilla). Ajoutons aussi le Plongeon catmarin (Gavia stellata)
dont quelques couples se reproduisent régulièrement dans
les îles, ceci avait été noté déjà
par Austin Cameron en 1964 ! Plus intéressant encore, cette
espèce atteint sa limite sud de nidification ici dans nos îles
!
Autres
éléments fauniques
Notre tour d'horizon de la faune est bien sûr très
incomplet ! Par exemple, il faudrait mentionner parmi les mollusques
l'Ambrette amphibie (Succinea putris) dans les marais et
La Physe des Fontaines, dans les ruisselets, qui semblent être
communes à Langlade du moins, selon les vérifications
faites par le Musée de Terre-Neuve.
Notons aussi qu'un seul amphibien est présent, la Grenouille
verte américaine (Rana clamitans) et il a été
introduit sur l'archipel, comme d'ailleurs à Terre-Neuve.