Les zones humides
du mont Lozère : la montagne sèche aux milles sources
Le mont Lozère se caractérise
par des traits physiques et climatiques favorables à la présence
de zones humides avec une altitude moyenne élevée
(1200 m), un réseau hydrographique dense modelant un relief
en majorité granitique, et des cumuls pluviométriques
variant de l'ouest à l'est de 1000 à plus de 2000
mm en moyenne . Il présente une importante diversité
de zones humides et notamment de tourbières. Un inventaire
mené en 1999 et 2000 par le Conservatoire Départemental
des Sites Lozériens et le Parc
national des Cévennes, commandité par le Parc
et l'Agence de l'eau
Adour-Garonne a révélé la très grande
richesse de ces milieux.
Un
Atlas des zones humides du mont Lozère a été
produit consécutivement afin de porter à la connaissance
des gestionnaires la localisation et les intérêt des
zones humides.
Il est en vente auprès du
Parc national des Cévennes.
Il
permet d'avoir un aperçu très documenté sur
l'ensemble des aspects autour des zones humides du mont Lozère
(patrimoine, mémoire orale,
), de localiser et hiérarchiser
les intérêts fonctionnels et patrimoniaux de ces milieux.
La carte en bas de page n'expose qu'un extrait très partiel
de la quantité d'informations recueillies à cette
occasion en montrant une localisation sommaire des zones humides
de plus d'un hectare comportant des habitats à caractère
tourbeux.
Selon
les informations produites dans l'Atlas des zones humides du mont
Lozère, près de 1250 zones humides ont été
recensées représentant près de 800 hectares.
786 zones sont dominées par des types de végétation
caractéristiques des tourbières alors que 460 ont
moins de 50 % de leur surface occupée par celle-ci.
Une dizaine d'habitats d'intérêts communautaires dont
2 prioritaires ont été répertoriés sur
l'ensemble des zones humides. On peut noter parmi ceux-ci, la présence
de tourbières hautes, des tourbières de transition
et tremblants, des dépressions sur substrats tourbeux et
des forêts marécageuses de bouleaux et de conifères.
Au niveau des espèces végétales remarquables,
il est à noter la présence de trois espèces
protégées au niveau national : le droséra à
feuilles rondes, la laîche des bourbiers et le lycopode inondé,
et d'une quinzaine d'espèces d'intérêt patrimonial.
La faune des zones humides du mont Lozère est aussi d'une
grande richesse avec entre autres la présence d'espèces
notables tels la loutre d'Europe, la musaraigne de Miller, divers
limicoles en migration ou en déplacement de fin d'été,
le grand tétras, le lézard vivipare, la vipère
péliade, le nacré de la canneberge, le daphnis et
parmi les orthoptères : Stetophyma grossum et Metrioptera
brachyptera.
L'activité dominate est l'élevage puisque 80% des
sites sont pâturées. Pour protéger la richesse
des zones humides du mont Lozère, une gestion conservatoire
est mise en place soit de façon individuelle par un pâturage
en estive ou de façon contractuelle sous l'initiative ou
en partenariat avec le Parc national des Cévennes. Celle-ci
se traduit notamment par des mesures agri-environnementales avec
des recommandations de gestion préconisant par exemple un
pâturage extensif adapté. Le Parc procède en
outre à des mesures de restauration à l'image du travail
réalisé sur la tourbière de Sénégrière.
Une
hiérarchisation des intérêts patrimoniaux et
fonctionnels des tourbières a été effectuée
pour prioriser la conservation de ces zones humides. Cette hiérarchisation
est disponible dans l'Atlas des zones humides du mont Lozère
dont la cartographie est à l'échelle du 1 : 10000.

haut
de page