Dans la
Haute-Vienne, au cur des Monts d'Ambazac
La
réserve naturelle de la tourbière des Dauges
:
La Réserve Naturelle de la
tourbière des Dauges est située sur la commune
de Saint-Léger-la-Montagne, dans le département
de la Haute-Vienne (87). A 30 km, au nord-est de Limoges, elle
jouxte les hameaux de Sauvagnac et Marzet.
Les mileux du fond de l'alvéole (50 hectares) comprennent
rigoles et ruisseau, bas marais, zones de tourbière bombée
active et landes tourbeuses. Ceux du bassin versant (150 hectares)
sont plutôt des pelouses pauvres en éléments
nutritifs et des prairies naturelles, landes sèches,
fougeraies et bois de pente, dont une remarquable hêtraie
à houx.

La tourbière et les pentes du portour sont recouvertes
d'une végétation caractéristique d'un grand
intérêt botanique.
Le fond tourbeux où l'eau acide est en excès abrite
le Spiranthe d'été (orchidée blanchâtre),
2 espèces de Drosera (plantes carnivores) et le
rare Lycopode inondé (fougère primitive) qui se
développe sur la tourbe mise à nue. Les pelouses
rases sont constituées de Nard raide (graminée).
La lande sèche composée princpelement de Callune,
abrite localement le Lycopode en massue.
La réserve naturelle abrite également à
ce jour, 104 espèces de lichens, 74 de mousses et 78
de champignons.
Certains animaux sont étroitement liés à
cette zone humide. Le lézard vivipare et la Grenouille
rousse s'y reproduisent chaque année. La Loutre vient
régulièrement pêcher quelques truites dans
le ruisseau des Dauges. Quant aux oiseaux, certains sont plus
inféodés aux prairies humides comme le Pipit farlouse,
d'autres aux landes comme le Bruant fou et l'Engoulevent d'Europe
et enfin certains, plus forestiers, comme la Bécasse
des bois et le Pic noir.
Les invertébrés représentent une part importante
de la biodiversité de ce milieu, avec en particulier
la Dolomède, araignée qui chasse à l'affût
à la surface de l'eau. On y dénombre aussi plus
de 300 espèces de papillons avec, entre autres, l'Hespérie
du brome. La Decticelle des bruyères (sauterelle) et
le Criquet ensanglanté animent de leurs stridulations
la tourbière en été. Enfin 24 espèces
de Libellules connues s'y côtoient, avec la remarquable
Cordulie arctique, qui pond au sein des dépressions humides
du fond tourbeux.
La réserve est pour l'esssentiel propriété
du Conseil Général de la Haute-Vienne (acquisitions
au titre de sa politique des Espaces Naturels Sensibles) et
de la Commune de Saint-Léger-la-Montagne.
La gestion de la réserve confiée au Conservatoire
Régional des Espaces naturesl du limousin, associe également
la Direction Régionale de l'Environnement du Limousin,
le Conseil Régional du limousin, l'Union Européenne
et l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne.
Afin de contenir une fermeture naturelle préjudiciable
à tous les milieux ouverts de la tourbière, ainsi
qu'aux espèces qui s'y développent, le Conservatoire
procède à des opérations de restauration
de la lande et de prairie par la fauche, le bûcheronnage,
les coupes pluriannuelles de fougère aigle...
Grâce aux troupeaux des agriculteurs locaux, la tourbière
et une partie de son bassin versant sont pâturées
de façon extensive, maintenant ainsi la spécificité
des milieux restaurés.
La
tourbière de Chante-Ribière
La
tourbière de Chante-Ribière est un site de petite
taille (7,5 ha dont 6 ha maîtrisés par le CREN),
situé près du hameau de Maillofargueix, sur la commune
de Bersac-sur-Rivalier, dans le nord des Monts d'Ambazac, sur
le tracé de la route départementale 28.
Il est donc remarquable d'y trouver autant de milieux tourbeux
différents et d'espèces à forte valeur patrimoniale.
L'extraction modérée et localisée de tourbe
dont elle a été l'objet pendant la Seconde Guerre
Mondiale a en effet permis un rajeunissement du milieu, et consécutivement
la coexistence de plusieurs stades dynamiques des tourbières.
On note ainsi la présence de tremblants à Comaret
et Trèfle d'eau ou à Laîche filiforme, de
zones de tourbière haute active, de tourbière haute
dégradée et de prairies tourbeuses à Jonc
acutiflore. La présence en périphérie immédiate
de landes de grande étendue accentue encore l'intérêt
du site. Cette coexistence de milieux différents sur une
petite surface permet la présence de plusieurs espèces
remarquables. Ce site abrite une population de Cordulie arctique,
espèce d'Odonate en limite de répartition dans les
Monts d'Ambazac. C'est également le seul endroit en Limousin
où l'on connaît la Laîche filiforme, une espèce
discrète et menacée. L'ensemble tourbière
- landes abrite également une diversité importante
de reptiles.
Toutes
ces caractéristiques font de Chante-Ribière un site
très important à prendre en compte dans la mise
en place d'un réseau écologique de tourbières
dans les Monts d'Ambazac, autour de la Réserve Naturelle
de la tourbière des Dauges. La gestion et la valorisation
pédagogique du site devront d'ailleurs se placer dans ce
cadre.
Mais
l'abandon, certes assez récent, du pâturage sur le
site risque d'entraîner la perte de cette diversité
de milieux et d'espèces. Par exemple, la colonisation de
la tourbière par le saule commence à être
non négligeable.
Il
convient donc d'y intervenir pour en garder toute la richesse.
Ainsi, un plan de gestion a été rédigé
par le Conservatoire qui prévoit de nombreuses actions
pour les années 2003 à 2008.
(Attention : cette tourbière n'est pas aménagée
pour l'accueil du public)
Dans la Creuse, sur le plateau de Gentioux
La
tourbière de la Mazure

Située
entre le lac de Vassivière et le lac de Lavaud-Gelade,
la tourbière de la Masure s'étend sur l'ensemble
des zones de sources du ruisseau de Beauvais, à l'est de
la RD 8. Ce fond tourbeux s'inscrit au sein d'un ensemble de milieux
caractéristiques du plateau de Millevaches. Il s'agit d'une
alvéole géomorphologique dont les versants accueillent
des hêtraies et des landes sèches. Le fond est occupé
par une vaste lande tourbeuse au sein de laquelle serpente le
ruisseau de Beauvais. Ce site compte parmi les plus remarquables
de la région en terme d'habitats bien conservés
mais aussi en terme d'espèces rares et protégées.
Au plan botanique, l'ensemble du cortège des plantes des
milieux tourbeux est présent : drosera à feuilles
rondes, drosera intermédiaire, narthécie des marais,
rhynchospore blanc, etc., mais aussi une représentation
des espèces végétales des ruisseaux aux eaux
oligotrophes : flûteau nageant, isoètes à
spores spinuleuses.
Au plan faunistique, outre les espèces liées aux
zones humides et à l'eau (loutre, truite fario, lézard
vivipare, etc.) on note également bon nombre d'animaux
liés aux vastes zones ouvertes, principalement chez les
oiseaux : busard Saint-Martin, circaète Jean-le-Blanc,
pipit farlouse.
Cette tourbière est une ZNIEFF de type I contenue dans
la ZNIEFF de type II (n° 908) intitulée "Vallée
du Taurion".
(Attention : cette tourbière n'est pas aménagée
pour l'accueil du public)
La tourbière
de l'étang du Bourdeau
Le
site Natura 2000 "tourbière de l'étang du Bourdeau"
s'étend sur une superficie d'environ 39 ha, sur socle cristallin,
substrat acide par définition. Plus de 15 ha est aujourd'hui
propriété de Conservatoire des Espaces Naturels
du Limousin.
Cette tourbière se situe sur les premiers contreforts de
la Montagne Limousine, en bordure nord du Plateau de Millevaches,
vaste région naturelle.
Elle est localisée sur la commune de Saint-Pardoux - Morterolles,
à proximité du hameau de Morterolles. Cette dernière
est issue de la réunion de deux anciennes communes : Morterolles
et Saint-Pardoux. Le site est bordé par deux routes départementales,
la D. 13 et la D. 8. Cette dernière relie Bourganeuf à
Royère-de-Vassivière.
L'étang présent dans la tourbière est totalement
artificiel. Il a été creusé, dans les années
1970. Après cet épisode, un moine d'étang
a été posé afin de contrôler le niveau
d'eau. La hausse du niveau d'eau a probablement réactivé
la tourbière et les processus de formation de tourbe sur
la totalité du site étudiée.
On y trouve un vaste radeau flottant à sphaignes et trèfles
d'eau ainsi que la quasi-totalité des stades évolutifs
conduisant de l'eau dormante à la lande humide à
molinie. La queue de l'étang abrite une belle saulaie marécageuse
difficile d'accès qui semble s'étendre à
la fois en périphérie de l'étang mais aussi
sur le radeau flottant.
Le périmètre de la ZNIEFF englobe également
des landes tourbeuses situées le long du ruisseau de Gane
Molle.
Au plan botanique, de nombreux végétaux des milieux
tourbeux sont à signaler : les deux droseras (à
feuilles rondes et intermédiaire), le rhynchospore blanc,
l'utriculaire commune, les deux linaigrettes (à feuilles
étroites et engainée), le trèfle d'eau, le
comaret des marais, etc. L'élément botanique le
plus remarquable reste cependant la présence de l'andromède
à feuilles de polium. Cette plante de la famille des bruyères
n'est connue en Limousin que dans deux autres secteurs. De répartition
orientale (Vosges, Jura, Alpes), elle existe de manière
ponctuelle dans le Massif Central et les Pyrénées.
Protégée en France, sa présence dans ce site
est connue depuis les années 1970.
Au plan faunistique , des indices de présence de la loutre
ont été observés ainsi que de nombreuses
libellules typiques des tourbières comme la cordulie arctique
et le sympétrum noir.
(Attention : cette tourbière n'est pas aménagée
pour l'accueil du public)
Dans
la Corrèze, sur le plateau de Millevaches
Landes et tourbières de Giat Saint-Fourchat (Peyrelevade)
Ce
site, comprend l'un des derniers sommets du Plateau de Millevaches
encore en lande sèche. Il y a environ trois ans, le Conservatoire
y a acheté une parcelle d'une quinzaine d'hectares. Sans
cette intervention, ce site aurait vraisemblablement été
planté en résineux.
La parcelle acquise par le Conservatoire se situe sur un versant
de la petite vallée du ruisseau du Font de Chausses,
qui constitue un alvéole typique du Plateau de Millevaches,
au relief bien marqué. Le fond de l'alvéole est
constitué de milieux tourbeux diversifiés, tandis
qu'une partie significative des pentes est encore couverte de
landes, notamment à myrtilles. Cet alvéole, ainsi
que l'ensemble du bassin de la Chandouille, ont d'ailleurs été
retenus dans le périmètre d'intervention du programme
Loire nature en raison de leur richesse en landes et en tourbières.
En 2000-2001, le plan de gestion du site a été
réalisé. Le défi majeur dans la gestion
de ce site, qui n'est plus pâturé depuis les années
60, est la lutte contre la Fougère aigle. Celle-ci envahit
déjà plusieurs hectares de landes. Cette restauration
est compliquée par la présence d'une forte pente
(jusqu'à 30%) et de nombreux chaos rocheux.
Intervention mécanique pour lutter contre la fougère
aigle
L'objectif
est donc d'épuiser progressivement, les rhizomes de fougères
en alternant interventions mécaniques et pâturage
par la brebis limousine. Pour relever ce défi, le Conservatoire
a fait appel à de précieux partenaires : c'est
ainsi que M. Marc Poulet (éleveur entrepreneur en travaux
agricoles et forestiers), dans les conditions difficiles que
nous venons de décrire, et pour la troisième année
consécutive, a réalisé une fauche de la
fougère avec exportation. La première fauche réalisée
début 2002 sur plus de 7 ha, a donné lieu à
l'enlèvement d'un volume impressionnant de litière
de fougères, accumulée depuis plusieurs décennies.
En complément ce cette intervention mécanique,
un pâturage du site par un troupeau de brebis limousines
est assuré en début d'été, afin
que les animaux piétinent les jeunes pousses de fougères
: nous travaillons alors en partenariat avec l'UPRA (Union de
Promotion de Race Animale)-section Brebis limousine, qui assure
le suivi technique du pâturage (organisation du pâturage
en lien avec les éleveurs, gestion de la clôture
électrique mobile du Conservatoire, réception
du troupeau) et bien sûr les éleveurs locaux de
brebis limousines, en l'occurence Jean Lenouaille, éleveur
creusois.
Pâturage par des brebis limousines
Cette
ambitieuse restauration fait l'objet de suivis botaniques afin
de mesurer l'efficacité de la méthode choisie.
Elle constitue pour le Conservatoire une nouvelle expérience
de remise en état d'une lande sèche envahie par
la Fougère aigle. En effet, en raison des conditions
de pente et de sol, il a été nécessaire
d'innover, les méthodes de restauration testées
par le CREN auparavant n'étant pas reproductibles sur
ce site. En tout état de cause, il faudra renouveler
ce travail encore plusieurs années pour que ces patients
efforts portent leurs fruits et que cette lande abandonnée
depuis quarante ans retrouve sa splendeur d'antan !
(Attention : cette tourbière n'est pas aménagée
pour l'accueil du public)
Le Pont Tord (Pérols sur Vézère)

Le
site du Pont Tord se trouve sur les hauteurs du Plateau de Millevaches,
à environ 830 mètres d'altitude. Constitué
par un alvéole granitique, formation géomorphologique
typique du plateau, ce site d'environ 70 hectares est composé
de landes sèches et de landes tourbeuses. Compte tenu
de la concentration d'habitats menacés qu'il présente,
il fait partie intégrante du site NATURA 2000 "
Landes et zones humides de la haute Vézère ",
d'une superficie de 6430 hectares. La cartographie des Habitats
d'Intérêt Communautaire réalisée
en 1996 a notamment mis en relief la présence sur le
site de deux habitats prioritaires de la Directive " Habitats
": les pelouses à Nard et les tourbières
hautes actives. Des inventaires menés en parallèle
par les naturalistes locaux ainsi que des études réalisées
dans le cadre du programme Life nature " Préserver
le patrimoine de la haute Vézère " ont permis
de révéler la présence d'espèces
végétales à très forte valeur patrimoniale
telles que la Laîche à peu de fleurs (Carex pauciflora)
ou encore la Canneberge à petits fruits (Vaccinum microcarpum).
Carex pauciflora
Devant les risques d'enrésinement
des landes sèches et l'abandon pastoral des fonds tourbeux,
le Conservatoire Régional des Espaces Naturels du Limousin
a mené depuis 1999 diverses actions foncières par
le biais d'acquisitions à l'amiable ou de baux afin de
pouvoir mettre en uvre des opérations de restauration
et de gestion des habitats. Ainsi, ce sont dorénavant 43
hectares qui bénéficient d'une protection foncière.
Dans ce cadre, le CREN Limousin a réalisé d'importants
travaux de bucheronnage afin de limiter les ligneux colonisateurs
sur les landes sèches et tourbeuses, de fauche de fougère
aigle et de pose de clôtures fixes pour restaurer du pâturage
ovin. Un premier parc d'une vingtaine d'hectares, est pâturé
depuis 2001 par un troupeau de brebis limousines appartenant à
un éleveur local, M. Urbain. Deux autres parcs de 15 et
6 hectares, réalisés en 2003 et 2004 par le biais
d'un contrat NATURA 2000, sont pâturés depuis 2004.
L'un des parcs bénéficie d'une convention de partenariat
entre le CREN Limousin et l'UPRA Races Ovines des Massifs section
limousine permettant sa mise à disposition à un
éleveur local impliqué dans le développement
de la race limousine.
Afin de mesurer l'impact du pâturage sur le site, l'équipe
scientifique du Conservatoire a mis en place un suivi botanique
annuel des zones pâturées depuis 2001. Un suivi odonatologique
et floristique est également réalisé sur
une gouille du site (ancienne fosse d'extraction de tourbe).
Des projets d'acquisition sur une quinzaine d'hectares permettront
d'étendre l'ensemble de ces opérations à
de plus grandes surfaces dans un avenir proche.
(Attention : cette tourbière n'est pas aménagée
pour l'accueil du public)
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