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Regards 2010
sur les tourbières des vallées alluviales,
les peupleraies et le pâturage

Laon, 21-24 septembre 2010

 

 

 

Pour toute remarque ou modification, merci de contacter gregory.bernard@pole-tourbieres.org.
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Appel à communications

Plusieurs colloques, lors des années récentes, ont réuni en France scientifiques et gestionnaires sur le thème de la gestion des tourbières. Ils ont eu lieu à Goutelas (Loire, octobre 2005), Lamoura (Jura, septembre 2007), Bitche (Moselle, juin 2008) et Pau (Pyrénées-Atlantiques, juin 2009).

Lors de ces colloques, nous avons vu apparaître de nouvelles interrogations sur la connaissance scientifique des tourbières ainsi que des demandes de la part des gestionnaires. Il est ainsi apparu qu'il y avait des interrogations sur le pâturage pour lequel un retour d'expériences reste à faire. Il est également apparu que l'image de la tourbière restait liée à celle des tourbières de montagne, à sphaignes, et que les tourbières alcalines de plaine, celles où on ne trouve pas la drosera, plante emblématique des tourbières, n'avaient pas reçu la même attention, bien qu'un ouvrage récent ait été réalisé sur ce thème à l'initiative du Pôle-relais Tourbières, présentant les traits généraux de ces milieux, puis détaillant, site par site, l'état des connaissances et de la gestion entreprise. Il a donc été proposé de consacrer l'essentiel de ce colloque de Laon à ces deux aspects, et de réserver un temps d'expression à d'autres aspects de l'étude et la gestion des tourbières.
Ce colloque est issu d'initiatives locale, celle de naturAgora et du Conservatoire des Sites Naturels de Picardie, et nationale, celle du Groupe d'Etude des Tourbières et du Pôle-relais Tourbières.



Thème 1 : Les grandes tourbières alcalines des vallées alluviales


Consacrer un temps de colloque important à ces milieux nous permettra d'aborder plusieurs aspects :
- Le fonctionnement de ces écosystèmes. Souvent de grande dimension, plusieurs centaines à plusieurs milliers d'hectares, ces milieux correspondent généralement à de grands aquifères avec lesquels ils entretiennent des relations souvent complexes, liées à des types de circulation qui peuvent surprendre lorsqu'on est habitué aux tourbières de montagne de petites dimensions. Il est donc important d'avoir une ou plusieurs communications sur ce thème, qu'elles soient faites par des hydrogéologues qui travaillent sur ces grands ensembles ou par des gestionnaires eux-mêmes en fonction de leur expérience.
- L'insertion socio-économique. La taille de ces ensembles les conduit souvent à être insérés dans des territoires où les interactions entre les activités des sociétés, en périphérie ou au centre des tourbières, sont fortes, le fait d'être au sein d'espaces agricoles extrêmement productifs en est un bon exemple. Par ailleurs, leur taille a permis le développement de communautés qui sont parfois extrêmement liées à l'espace tourbeux. Enfin, l'histoire des sociétés, très liées aux modes de valorisation ancienne de ces espaces, a souvent laissé des traces aussi bien dans leur perception que dans les rapports entre l'intérieur et l'extérieur du marais. C'est sur ces trois aspects, socioéconomiques actuels, définition d'un territoire de vie au sein des tourbières, poids de l'histoire, que nous voudrions susciter des échanges.
- Gestion actuelle. Ces espaces ont acquis une valeur patrimoniale importante qui a conduit les institutions en charge de la gestion du patrimoine naturel à proposer des modèles de gestion. La spécificité de ces tourbières est-elle à même de favoriser certains modes de gestion, par exemple la fauche mécanique sur de grands espaces, ou bien les modes de gestion standard sont-ils appliqués ? Par ailleurs, ces modes de gestion peuvent entrer en conflit ou en complémentarité de modes de gestion de l'espace définis dans d'autres perspectives (chasse, agriculture…) Quelles sont les relations entre ces différents objectifs et les différents modes de gestion qui en découlent ?
- Le peuplier dans l'espace tourbeux. Ce chapitre est très représentatif des enjeux de gestion et de leurs implications socio économiques dans ces espaces. Présenté un temps comme l'un des rares modes de valorisation possible pour les propriétaires disposant de terrains en zone humide, le peuplier a pris une forte importance dans les tourbières, particulièrement celles des grandes vallées alcalines. Aujourd'hui, pour différentes raisons, le peuplier n'apparaît plus comme le remède miracle. Il serait bon de faire le point sur cette évolution et, pour cela, d'associer à cette réflexion des acteurs de la forêt publique et privée qui ont, ces dernières années, considérablement revu la stratégie d'implantation de ces essences dans les zones humides. Quelle est aujourd'hui la place exacte de cet arbre dans la tourbière ? Quelle est la rentabilité économique réelle de ces plantations et comment en tenir compte face à d'autres enjeux ? Comment envisager la reconversion des peuplements qui, pour diverses raisons, ont connu échec ou la fin volontaire de l'exploitation forestière ?
Le colloque de Laon sera précédé de quelques jours d'une réunion technique complémentaire sur ce sujet, organisée en Meuse par le Pôle-Relais Tourbières en collaboration avec le Conservatoire des Sites Lorrains.

Thème 2 : Le pâturage

Le pâturage a longtemps constitué l'épine dorsale de la gestion des sites naturels, il manque actuellement un retour d'expériences sur cette pratique, les frontières sont souvent floues entre sous pâturage et surpâturage, et beaucoup de gestionnaires en viennent à se poser des questions sur son utilité même.
- Les retours d'expérience. Nous attendons des participants des exposés portant sur la durée, ce genre de pratique a maintenant plusieurs décennies d'existence et il convient de trouver des gestionnaires, de préférence en binôme avec des scientifiques qui acceptent, en toute franchise de nous faire part de leur vécu sur le long terme. Trois volets seront particulièrement intéressants à développer : Pourquoi le pâturage a-t-il été choisi comme mode de gestion de la tourbière, s'agt-il d'une décision fondée sur les seules caractéristiques du milieu ou est-ce une décision qui tient à un choix de recettes disponibles, voire un effet de mode ? Quelles ont été les modalités de suivi, y a-t-il eu une continuité dans ce pâturage et ses modes ? Quel bilan le gestionnaire et le scientifique sont-ils capables de faire de leur pratique au terme d'une longue période ?
- Les nouvelles formes de gestion de la dynamique spontanée. Il y a trente ans, la pénétration d'une machine agricole dans un espace naturel était mal vécue. On voit cependant apparaître des matériels adaptés à ce type de milieu qui ont un impact réduit sur l'état du sol, parfois bien inférieur à celui d'un pas humain. Où en est-on de ces nouveaux modes de gestion de la dynamique d'embroussaillement, comment coexistent-ils avec le pâturage, quel est le recul que nous avons sur ces expériences et sont-elles entrées dans le domaine courant ?
- Les relations avec le public. Le pâturage à des fins de gestion naturaliste est, tout au moins dans sa définition actuelle, un phénomène récent, comment cette utilisation est-elle perçue dans le monde rural qui voit souvent avec étonnement pâturer des animaux sur ce qui apparaît comme de mauvaises terres, comment se passe, au-delà des aspects techniques, le dialogue avec les agriculteurs. Voit-on une évolution des regards réciproques, comment sont vécus les échecs par un monde qui regarde souvent avec méfiance ou ironie ces initiatives. Enfin, la présence d'animaux pâturant dans un site naturel peut être une source de curiosité et un lien avec le public qui visite ces sites, comment s'exprime cette curiosité et change-t-elle la perception globale des espaces ainsi gérés ?

Excursion

Une excursion dans les Marais de la Souche est programmée entre les deux journées en salle. Nous prévoyons qu'elle soit l'occasion d'assister à des démonstrations de gestion, c'est-à-dire qu'elles soient l'occasion d'échanges techniques et pratiques. Les marais de la Souche, plus de 2000 hectares de tourbe, présentent suffisamment de contextes variés que nous puissions y passer la journée.
Sur demande, il sera possible d'organiser, pour un groupe restreint, la visite de sites proches (marais de Cessières, marais d'Ardon).

Communications

Nous souhaitons que la dimension régionale soit équilibrée par une bonne représentation nationale. Et que, à côté des retours d'expérience, figurent également des analyses ou des synthèses scientifiques.
Les propositions de communication, sous forme d'un résumé d'une dizaine de lignes envoyé en pièce jointe ou rédigé sur le bulletin de préinscription, accompagnées d'une présentation brève de l'auteur et de ses coordonnées, devront être envoyées à l'adresse mail suivante : j.canive@naturagora.fr

La date limite de soumission d'une communication est fixée au 15 avril 2010.

Une deuxième circulaire signifiera aux auteurs l'acceptation de leur proposition le 15 mai 2010. Le programme définitif ainsi que le bulletin d'inscription seront envoyés le 15 juin 2010.

Les organisateurs

naturAgora regroupe, sur le site de Barenton-Bugny, près de Laon, des associations liées de très près à la gestion des espaces naturels (Chasseurs, pêcheurs, randonneurs, scientifiques de l'ADREE). Les zones humides sont un des espaces privilégiés de leur action. Régulièrement y sont organisés des rencontres sur ces thèmes.
Site : www.naturagora.fr

Le Conservatoire des Sites Naturels de Picardie est un conservatoire régional dont la mission essentielle est d'assurer la préservation et la gestion de sites de valeur patrimoniale. A ce titre, il intervient sur de nombreuses zones humides et tourbières.
Site : www.conservatoirepicardie.org

Le Groupe d'Etude des Tourbières est une association fondée il y a plus de vingt ans et réunissant des gestionnaires et scientifiques lors de rencontres annuelles puis, depuis quelques années, de colloques à dimension nationale ou internationale
Site : www.get.pole-tourbieres.org

Le Pôle-relais Tourbières, géré par la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, a été défini par le Plan national d'action en faveur des Zones Humides ; il assure des missions de centre de ressources à l'attention des gestionnaires et contribue à l'organisation de colloques de dimension interrégionale, nationale et internationale.
Site : www.pole-tourbieres.org

 

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