Il
s'agit d'un territoire de moyenne montagne (1100 m d'altitude maximum)
situé en bordure méridionale du Massif Central. Les
Hauts-Cantons font face à l'océan atlantique à
l'ouest (à 300 km des côtes) et à la mer Méditerranée
au sud (à 50 km du littoral). C'est un massif montagneux
constitué par un socle ancien (d'âge hercynien) de
roches cristallines compactes et imperméables : il s'agit
de granite et de gneiss.
Ces massifs montagneux sont par leur position géographique,
dans une zone de transition des climats atlantique et méditerranéen.
L'influence atlantique s'exerce par une fréquence importante
toute l'année de pluies et précipitations occultes
(brumes et brouillards). L'influence méditerranéenne,
est marquée par des températures élevées
(pour une zone montagneuse) durant l'été et la chute
simultanée des précipitations.
L'ensemble
de ces facteurs climatiques forme des conditions limites (minimales)
pour permettre la formation de tourbières hautes actives [Code
Corine : 51.1]. La présence d'eau et les températures
froides sont juste suffisantes. Il est peu fréquent de rencontrer
des buttes de sphaignes rouges bien développées, on
les rencontre davantage en tapis.
Par contre, on note la présence plus fréquente de prairies
tourbeuses (type Jonçaie acutiflore [37.22] et Nardaie humide
à Jonc rude [37.32]) qui se développent dans les secteurs
au sol régulièrement gorgé d'eau mais où
la décomposition de la matière organique est plus marquée
que dans les zones de tourbières bombées. Les Bas-marais
à Laîche noire [54.422] qui se développe dans
des endroits assez similaires sont présents mais peu répandus.
Ainsi dans leur majorité, les tourbières
de ce secteur bénéficient d'une alimentation hydrique
géotrophique. Elles se forment là où la nappe
d'eau affleurante est soit mobile avec l'eau qui ruisselle sur de
faibles pentes (soligène), soit stagnante dans des creux topographiques
(topogène).
On connaît à l'heure actuelle, plus de 600 ha de zones
tourbeuses dans cette région géographique qui couvre
120 000 ha. Si les espèces végétales protégées
ne sont pas légion et pour cause, il n'y a que Drosera rotundifolia
; les espèces rares dont certaines sont " atlantiques
" et/ou en limite d'aire de répartition sont bien plus
nombreuses. On notera notamment : Rhyncospora alba, Lycopodium
clavatum, Carex binervis, Carex paniculata, Carex
pulicaris, Equisetum sylvaticum, Gentiana pneumonanthe
et Parnassia palustris.
Concernant les animaux, on citera la présence du Damier de
la Succise (Euphydryas aurinia aurinia), papillon protégé
en France et présent en Annexe II de la Directive Habitat ou
encore le Lézard vivipare (Lacerta vivipara) et la Grenouille
rousse (Rana temporaria), deux espèces protégées
en France.