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Boisement
artificiel
La
deuxième cause majeure de destruction des tourbières,
en termes de superficie, peut être attribuée aux politiques
de boisement qui, durant les années 1960 à 1970 principalement,
ont encouragé et promu les plantations de ligneux en tourbières.
Des milliers d'hectares supplémentaires ont ainsi été
dénaturés par l'enrésinement de tourbières
acidiphiles et landes tourbeuses - très intense dans certaines
régions comme le Limousin, le Morvan, la Bretagne ou le Lévezou
- et la plantation de peupliers en tourbières neutro-alcalines,
principalement en plaine. Ces plantations ont entraîné
de profonds bouleversements des écosystèmes, d'autant
plus graves qu'elles étaient souvent précédées
de travaux de drainage du milieu.
Dans certaines régions, ces plantations représentent
une cause très importante de destruction des tourbières.
Ainsi, l'inventaire des tourbières du Finistère (Durfort,
1994) a mis en évidence le rôle majeur de ces atteintes
puisque 40 % des 137 sites recensés sont touchés par
des plantations qui constituent, à ce titre, la première
cause de dégradation de ces milieux (enrésinement
des landes tourbeuses et tourbières des Monts d'Arrée
et des Montagnes Noires). L'inventaire des tourbières de
Haute-Saône et du Territoire de Belfort (Conservatoire de
Franche-Comté, 1997), quant à lui, a révélé
que 10 des 107 sites recensés étaient touchés
par des plantations alors qu'un inventaire réalisé
dans l'Ain indique que 13 % des 125 sites étudiés
sont concernés par des boisements. Ces plantations ont très
souvent été des échecs, techniques et économiques,
et nombre de tourbières ont ainsi été détruites
sans qu'aucun bénéfice n'en soit retiré.Comme
dans le cas des drainages agricoles, la menace des boisements en
tourbières semble actuellement s'atténuer grâce
à la prise de conscience croissante, de la part des forestiers,
de l'intérêt de la conservation de ces écosystèmes
et de l'inanité économique de leur boisement. Depuis
août 2000, dans le cadre de la mise en cohérence des
politiques publiques, le boisement de ces zones humides n'est plus
subventionné par l'Etat.
L'étude
réalisée par le CRPF Auvergne sur les boisements en
tourbières est disponible dans le Compte-rendu du deuxième
séminaire du Massif-Central de Limoges (28 au 29 septembre
2004), partie 3.
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