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Autres menaces et atteintes
 

 

Drainages à finalité agricole

Boisement artificiel

Extraction industrielle de la tourbe

Création de plans d'eau

 

Autres causes de régression des tourbières

En plus des causes majeures de régression développées précédemment, d'autres atteintes encore sont à déplorer ayant également contribué sensiblement au déclin des tourbières : de nombreuses tourbières ont été utilisées comme décharge, certaines ont été remblayées pour la construction d'infrastructures de transport (autoroutes, voie de chemin de fer), de zones industrielles ou urbaines, d'autres ont subi d'importants dommages liés à la construction d'équipements touristiques, notamment en montagne (remontées mécaniques, pistes de ski de fond), d'autres enfin ont subi des perturbations indirectes dues à des apports de fertilisants ou de pesticides, à une modification des apports hydriques par des prélèvements excessifs sur leur bassin versant...

Une menace beaucoup plus insidieuse plane aujourd'hui sur les tourbières. La déprise agricole amorcée depuis une trentaine d'années, s'est accompagnée de l'abandon progressif d'un certain nombre d'usages traditionnels qui avaient cours sur ces milieux, comme le pâturage extensif, la fauche de litière ou l'extraction artisanale de tourbe. Ces activités se sont retirées d'un grand nombre de sites sur lesquels elles permettaient auparavant d'entretenir le milieu, de conserver des espaces ouverts riches en espèces, de favoriser certaines communautés vivantes pionnières à grande valeur patrimoniale, en bloquant les phénomènes d'atterrissement, de fermeture et de boisement des sites, phénomènes d'évolution spontanée de la plupart des tourbières. Cet abandon des activités traditionnelles s'est traduit par la perte de vastes surfaces de tourbières auparavant très riches biologiquement, qui se sont progressivement boisées, fermées, banalisées, entraînant la disparition d'habitats et de biocénoses remarquables. Cette évolution a souvent été rapide, d'autant plus que les sites concernés avaient souvent subi des perturbations préalables, notamment au niveau de leur fonctionnement hydrologique (drainage).

 

D'après Agou P., Marchadier P., Chiffaut A., février 1997
Plan de gestion biologique de la tourbière du Vernay. Conservatoire des Sites Naturels Bourguignons

L'abandon des pratiques de gestion des tourbières est donc aujourd'hui une autre cause majeure de la banalisation et de la disparition de ces écosystèmes. L'inventaire des tourbières de l'Ain a ainsi montré que, sur 96 sites étudiés, 56 % étaient touchés par des problèmes de fermeture du milieu (développement de la saulaie, envahissement par la cladiaie ou la moliniaie), ce phénomène constituant ainsi la principale cause de régression des tourbières dans ce département. On s'aperçoit ainsi qu'il ne suffit pas, pour assurer la pérennité des tourbières, de procéder à des protections réglementaires visant à les prévenir d'atteintes directes qui pourraient leur être portées, mais que cet objectif de conservation implique que des mesures actives, interventionnistes, soient appliquées pour maintenir ou restaurer la biodiversité de ces écosystèmes : il faut les gérer.

Inversement, certaines tourbières sont menacées par le surpâturage, qui par le piétinement et l'apport de déchets organiques des modifie le milieu. Le pâturage des tourbières doit donc être conduit de manière prudente.

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Résumé des principales causes de régression

Le tableau suivant résume les principales causes de dégradation et de destruction des milieux tourbeux.
D'après Manneville O., Vergne V., Villepoux O., 1999 - Le monde des tourbières et des marais. Delachaux et Niestlé. p 223

 

Causes entièrement naturelles

- Modifications climatiques (baisse de la pluviométrie et hausse des températures),
- Perturbations hydrologiques locales (ennoyage ou assèchement durables),
- Exhaussement important du niveau du sol tourbeux par rapport à celui de la nappe,
- Dynamique de la végétation vers un boisement complet,
- Erosion ou glissement de terrain provoquant le décapage de la tourbe,
- Transgression marine,
- Eruption ou coulées d'origine volcanique.


Causes provoquant une dégradation
souvent réversible

Causes anthropiques brutales
et irréversibles


- Abandon des activités agricoles extensives (fauche, pâturage), cause du boisement,
- Abandon de l'exploitation des roseaux et des grands hélophytes ou du faucardage des plans d'eau et fossés,
- Arrêt d'un détourbage traditionnel, extensif et durable; ceci défavorise les stades pionniers,
- Modifications et perturbations des milieux périphériques (dégradation de landes acides ou agriculture extensive aux alentours),
- Pompage important de la nappe pour diverses utilisations et abaissement des nappes après les périodes de sécheresse,
- Fréquentation touristique (piétinement, eutrophisation, dérangement de la faune, cueillette),
- Populiculture et enrésinement nécessitant un drainage et causant une modification des sols
- Apports de fertilisants et de déchets organiques (eutrophisation),
- Accumulation de pesticides, de métaux lourds ou de sel de déneigement et pollutions diverses,
- Incendies répétés.

- Incendie trop intense brûlant les niveaux sous-jacents de la tourbe,
- Modifications hydrologiques majeures : détournement de sources, rectifications de cours d'eau, assèchement et drainage poussé,
- Mise en culture intensive : labourage, maïsiculture, maraîchage,
- Exploitation industrielle de la tourbe jusqu'au substrat non tourbeux ou déblaiement de la tourbe pour exploiter en carrière le substrat sous-jacent (sable, gravier, roche),
- Creusement de plans d'eau à rives abruptes pour le tourisme et la pêche,
- Ennoyage pour créer des réservoirs hydro-électriques ou des voies navigables,
- Transformation en station d'épuration ou de lagunage pour les eaux usées
- Création de décharges,
- Remblaiement pour construction de voies de communication (autoroutes ou voies TGV) ou d'infrastructures industrielles ou urbaines diverses.

 

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